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La Société Equestre de l'Etrier a été officiellement fondée le 1er mars 1895. Elle tient sa première assemblée générale le 30 du même mois, dans le salon du manège de Jules Pellier, qui se trouvait alors, rue Chalgrin, à l'entrée de l'avenue du Bois. L'assemblée élit comme premier président son Fondateur, le Comte de Cossé-Brissac, avec M. René de Gatines comme vice-président, après quoi elle adopte les statuts dont l'article premier dit que la société a pour objet principal de perfectionner ses membres dans l'art équestre, de faire revivre les traditions de l'école française et de favoriser l'élevage et le dressage du cheval de selle.

Bien qu'étant encore un cercle volontairement assez restreint dans son recrutement, l'Etrier s'impose presque tout de suite dans un monde équestre pourtant difficile. Le premier "manège paré" qui fit date fut celui que le Président Félix Faure honora de sa présence, le 4 Juin 1898 au Tattersall de la rue Beaujon, plus vaste que le manège Pellier ; soirée mémorable au cours de laquelle Mme Segond-Weber, descendue d'une chaise à porteurs, récita les dix-neuf strophes d'Edmond Rostand, lequel était dans la tribune, tout auréolé de la jeune gloire de Cyrano.

A la fin du 19ème siècle, le cheval jouait encore un très grand rôle dans la vie militaire, mondaine, économique. A Paris, il y avait des écuries partout et les manèges étaient très nombreux. Le Cercle de l'Etrier ne disposait d'aucune installation propre. Ce n'est qu'en 1906 que fut construit le manège Dauphine en accord avec la Ville de Paris et à la suite d'un arrangement avec les propriétaires du Pavillon Chinois qui se trouvait en bordure du Bois de Boulogne, à l'emplacement de l'actuel Pavillon Dauphine.

Le manège Dauphine ne disposait d'aucune écurie. Seules quatre stalles avaient été aménagées pour y laisser des chevaux quelques heures. Enfin, ce ne fut qu'en 1921, que l'Etrier obtint le terrain de la Route de Madrid aux lacs, ultérieurement agrandi grâce à la bonne volonté d'un excellent "voisin de campagne, le Cercle du Bois de Boulogne (Tir aux Pigeons). Mais ce terrain ne comportait lui non plus aucune écurie. Ce n'était qu'une carrière, sans manège.

1903

Organisation des rallies et création de reprises de haies, débutent les premières épreuves d'extérieur, sanctionnées, dès 1909, par l'institution de la Coupe Challenge des Sociétés Equestres de Paris et, en 1912, par les rallies réguliers du mercredi à Villebon, où l'Etrier se rend acquéreur d'une grande prairie à proximité de l'Ermitage.

1914

18 membres de l'Etrier ne reviendront pas de la grande guerre, lourd tribut si l'on considère le nombre des cavaliers actifs inscrits sur les registres.

Au lendemain de la première guerre mondiale, une nouvelle page s'ouvre pour l'Etrier qui n'est plus le Cénacle de la belle Epoque, mais un organisme en plein essor.

Les dernières années de l'entre-deux guerres virent alors apparaître, d'une part les manifestations purement hippiques telles que le grand concours annuel de l'Etrier (1931) et d'autres rehaussées de rétrospectives aussi intéressantes que pittoresques, comme la rétrospective de la vénerie en 1937. Enfin, un concours de dressage et la fête du manège proprement dite, celle dont la tradition, sur deux jours, devait être reprise après la grande tourmente de la seconde guerre mondiale.

1939

Au concours international de Bruxelles, l'Etrier obtint un grand succès avec sa reprise de huit.

Après guerre

Lors des fêtes du Cinquantenaire en 1947, le Président d'honneur le Duc de Valençay et Talleyrand et le Président Hollier Larrousse croyaient avec "foi et simplicité" que l'Etrier maintiendrait de telles traditions et continuerait, fidèle à ses prestigieux fondateurs, à poursuivre leurs objectifs.

En fait, au crépuscule de cette deuxième phase de son histoire, l'Etrier jouissant encore d'un grand prestige, voit ses activités collectives se réduire progressivement. L'enseignement individuel semble plus adapté à la compétition qui devient l'objectif dominant. Une vie différente entraîne les membres hors de Paris chaque semaine, la vie propre de divers établissements logeant les chevaux des Membres, tel le Tattersall, les satisfait. Tout concourt à isoler les Membres. Les dernières fêtes du Manège auront lieu en 1953, 1958 et 1965, mais la reprise de huit ne se produira plus à dater de 1958.

Les années 60

A partir de cette époque, du fait du développement de l'agglomération parisienne et de la hausse du prix du terrain qui en résulte, les manèges et les écuries ou sont logés les chevaux des Membres de l'Etrier sont vendus par leurs propriétaires et remplacés par des bâtiments à usage d'habitation ou commerciaux. Finalement au cours de la décade qui commence en 1960, il ne reste plus à Paris aucune installation, écurie ou manège, sur des terrains privés. Les membres de l'Etrier, pour un grand nombre d'entre eux, mettent alors leurs chevaux en pension hors Paris: à Versailles, Maisons-Laffitte, Saint-Germain ou plus loin encore.
Dans ces conditions, si radicalement différentes de celles qui existaient au moment de sa création, l'Etrier risque de disparaître comme beaucoup d'autres Cercles Equestres.

Heureusement, quelques dirigeants de l'Etrier imaginent de construire un manège et des boxes sur le terrain dit "de Madrid". C'est un projet très difficile à réaliser nécessitant l'obtention de très nombreuses autorisations administratives et aussi beaucoup d'argent, le devis initial étant en 1968 de l'ordre de 3 millions de francs.

Cette somme est trop élevée car les bâtiments construit sur une concession du domaine public ne peuvent être achetés mais restent une simple concession. Une subvention est alors demandée aux Pouvoir Public mais le climat politique de l'année 1968 n'est guerre favorable à ce genre de démarche. Finalement, les Pouvoirs Publics acceptent de verser une subvention de près de la moitié du montant des travaux dans la mesure ou l'Etrier fusionnerait avec la Société d'Equitation Saint-Dominique.

C'est au Tattersall, au lendemain de la seconde guerre mondiale, qu'une équipe de jeunes cavaliers, animée par Pierre Levet, a constitué la Société d'Equitation Saint-Dominique. Au Tattersall, pendant plusieurs années, puis ensuite au Manège Début de Roseville, Saint-Dominique n'a cessé de se développer. Ses dirigeants se sont toujours attachés à ce que la Société ne soit pas une simple addition de membres, mais un groupement animé d'un véritable esprit de société où l'équitation est pratiquée avec tenue dans une ambiance chaleureuse. L'accord se fait entre les deux Sociétés, les travaux sont entrepris et en 1971, Saint-Dominique devient la Section Dauphine de l'Etrier.

A partir de cette époque sont réalisées les installations suivantes:

-> sur le terrain Madrid:

 • un manège olympique dans lequel peuvent prendre place 400 spectateurs
 • 81 boxes
 • une écurie de 10 chevaux d'instruction
 • des bâtiments annexes
 • un pavillon pour le logement du Directeur Sportif et des palefreniers
 • un restaurant

-> à la porte Dauphine:

 • l'aménagement de 22 boxes ou stalles pour chevaux d'instruction

Grâce à ces installations, l'Etrier peut aborder l'avenir avec enthousiasme. Tout en restant fidèle à sa tradition de perfectionnement dans l'art équestre, il connait une grande ouverture, se transforme et se développe.

A la suite du renouvellement de sa concession par la ville de Paris en 2004, l'Etrier a mis en oeuvre un très important programme de modernisation et de rénovation de l'ensemble de ses installations :

 • Manège Dauphine : ravalement intérieur et extérieur, création d'un Club-House, de vestiaires et de sanitaires, rénovation du sol et de la carrière.
 • Zone sportive de l'Etrier Madrid : rénovation de la grande carrière et du grand manège.
 • Zone Poney Club : création d'une carrière Toubin-Clément (40 x 20 m), d'un manège couvert démontable (20 m de diamètre), d'un rond de longe et d'un Club-House.
 • Club-House : rénovation complète du restaurant (ouvert à tous les membres et à leurs invités), des cuisines, des vestiaires et des sanitaires.
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